Paternost soutint à peine son poids lorsqu’un coup de feu déchira l’air. La balle l’avait touché, et il ne resta debout que par un effort presque désespéré. Doro comprit une fraction de seconde trop tard que le tir ne venait pas du balcon, mais bien du garage sombre où il n’attendait plus aucun mouvement.
Le professeur glissa derrière la voiture, ses mains crispées contre son flanc, comme s’il tentait de retenir quelque chose de pire que la douleur. Sa respiration était chaotique, mais il arrivait encore à parler.
— Doro… reste… ne les laisse pas…
Doro dirigea son regard vers le garage. Aucun souffle, aucun pas, rien. Pourtant, il savait qu’on l’observait depuis l’ombre. La maison retenait son souffle, comme une bête aux aguets.
— Je reste là, — dit-il d’une voix calme mais lourde de menace.
Dans l’obscurité, une silhouette bougea légèrement. C’était suffisant. Doro leva son arme, évaluant instantanément les angles, les échappatoires, et la meilleure façon de protéger le professeur.
— Sors, — ordonna-t-il. — Ou c’est moi qui entre. Et crois-moi, tu ne veux pas ça.
Le silence se prolongea, puis un objet métallique glissa au sol. On entendit un souffle tremblant.
— D’accord… d’accord… je sors, — lança une voix jeune, paniquée.
Doro resta en joue. Trop simple. Trop rapide. Trop propre pour être honnête. Et soudain, derrière lui, le professeur murmura faiblement, mais avec une certitude qui glaça le sang.
— Il… n’est pas seul.
Doro se figea.
La maison replongea dans un silence encore plus lourd — un silence qui annonçait qu’il n’avait vu qu’une partie du piège.