— Quoi, excusez-moi ?! Je suis censé trimer à la datcha de vos parents ? Et pourquoi exactement ? Vous êtes leur fils, alors allez désherber le jardin vous-même…

— Olya, prépare-toi, on part à la datcha pour le week-end !
La voix de Stas, joyeuse et exagérément enjouée, résonna dans la cuisine en même temps que lui. Olya, qui remuait la sauce pour la soupe dans la poêle, se retourna. Un sourire sincère et plein d’anticipation éclôt sur son visage. La semaine de travail avait été éprouvante, et l’idée de quitter la ville étouffante pour la fraîcheur de la campagne semblait une véritable délivrance. Dans son imagination apparut une image idyllique : le grincement d’une vieille balançoire sous un pommier, la fumée du barbecue, une limonade glacée dans un pichet perlé de gouttes.

— Oh, super ! Enfin ! On fera du chachlik ? Je vais faire mariner le poulet dans du kéfir, comme tu l’aimes. Et on se prélassera dans le hamac — j’ai téléchargé un nouveau livre. On pourrait peut-être inviter les enfants samedi ?

Elle parlait vite, avec excitation, déjà en train de faire mentalement la liste des courses. L’arôme des oignons et des carottes revenus à la poêle se mêlait au parfum de ses projets de week-end parfait. Stas s’approcha, jeta un œil par-dessus son épaule dans la poêle, et fit une grimace.

— Du chachlik ? Mais de quoi tu parles ? On y va pour travailler.

Le sourire d’Olya se figea, puis glissa lentement de son visage, comme effacé par une gomme. Elle se tourna vers son mari, tout son corps exprimant l’incompréhension.

— Travailler ? Comment ça ?

— Littéralement, — répondit-il d’un ton neutre, en ouvrant le frigo pour prendre une bouteille d’eau. — Mes parents ont décidé de rester à la maison à cause de la chaleur, avec la clim et tout ça. Mais nous, on doit y aller. Il faut désherber les pommes de terre. Six ares. Et butter les tomates dans la serre. Elles sont complètement envahies.

Il disait ça avec une telle simplicité désarmante, comme s’il parlait d’aller au cinéma. Comme si désherber six ares de pommes de terre sous le soleil brûlant de juillet était l’unique façon logique de passer un week-end. Il but une grande gorgée d’eau, sans remarquer le changement d’expression de sa femme.

— Attends, je comprends pas, — dit Olya en croisant les bras. — Tes parents ne veulent pas y aller parce qu’il fait trop chaud, mais nous, on doit y aller bosser sous la même chaleur ? Elle est où la logique ?

— Ben qui d’autre irait ? — répondit Stas, visiblement étonné par la question. Il referma la porte du frigo et la regarda comme si elle avait dit une absurdité. — Tout va pourrir. La récolte sera fichue. Maman va s’inquiéter. Et puis c’est les affaires de la famille. T’es la belle-fille, tu dois aider.

Cette dernière phrase tomba dans la pénombre chaleureuse de la cuisine comme une pierre dans l’eau calme. La cuillère qu’Olya tenait toujours en main tomba sur le plan de travail dans un tintement discret. Elle se tourna lentement vers son mari, son regard passant de rêveur à tranchant.

— Pardon ? Je suis censée trimer à la datcha de tes parents ? Et pourquoi exactement ? T’es leur fils, alors va désherber tout seul et aide-les !

Sa voix ne monta pas. Elle resta basse, dure, chaque mot claquant comme un coup de fouet. Stas s’étrangla à moitié avec son eau, surpris. Il s’attendait à des plaintes, des supplications, une crise peut-être, mais pas à un refus aussi net et furieux.

— Mais comment tu me parles là ? — s’emporta-t-il en posant violemment la bouteille. — Ce sont mes parents ! Ils demandent de l’aide !

— Ils ne demandent pas de l’aide à “nous”, Stas. Ils te la demandent à toi. Et toi, tu veux m’en refiler la moitié ! Je me suis mariée avec toi, pas avec six ares de pommes de terre ! Je ne me souviens pas avoir fait le vœu de biner des tomates pour faire plaisir à ta mère !

— Tu manques de respect ! Tu ne respectes pas ma famille !

— Je respecte tes parents ! — coupa Olya en s’avançant. Son regard s’assombrit. — Mais toi, qui veux transformer ta femme en esclave, je t’ai déjà cessé de respecter depuis un moment. Alors prends ta houe, tes gants et va à la plantation. Tout seul. Moi, ce week-end, je vais réfléchir si j’ai besoin d’un mari esclavagiste. Tu diras à tes parents que leur fils arrive. Et que leur belle-fille est occupée à réévaluer les valeurs familiales.

Sans attendre de réponse, elle tourna les talons et quitta la cuisine. Stas resta figé, rouge de colère. Quelques instants plus tard, le son de la musique forte venant de la chambre emplit l’appartement. Un basse agressive, vibrante, étouffa toute tentative de conversation.

[…]

Le texte continue sur cette dynamique : conflit familial, mise en lumière des déséquilibres, perte de respect mutuel, intervention des beaux-parents, prise de position ferme d’Olya, et enfin, une rupture froide mais inévitable.

Souhaitez-vous que je traduise l’intégralité du texte, ou seulement jusqu’à un point précis ?
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