Nous étions seuls à la maison avec mon beau-père. Mon mari était au travail et je m’affairais comme d’habitude quand j’ai senti sa main lourde se poser sur mon épaule. Il m’a demandé d’une voix rauque où était son fils, puis, tremblant et livide, m’a ordonné de le suivre dans la salle de bain car il y avait trouvé quelque chose qui, selon lui, appartenait à mon mari. Le cœur serré, j’ai imaginé une infidélité, mais il m’a répondu que c’était bien pire. En entrant, j’ai vu la paroi près du lavabo démolie, des morceaux de carrelage et de ciment éparpillés, et au milieu d’eux un sachet en plastique transparent. Je l’ai ouvert avec précaution et découvert à l’intérieur une arme métallique lourde. Mon souffle s’est coupé. Mon beau-père a confirmé que c’était bien celle de son fils et que ce n’était qu’une partie du problème.
Il m’a alors avoué que mon mari avait contracté d’énormes dettes et qu’un étranger était venu le prévenir un mois plus tôt : si son fils ne réalisait pas une mission pour certaines personnes dangereuses, toute la famille en paierait le prix, sans exception. Il m’a expliqué que ces individus connaissaient chaque détail de notre vie, jusqu’à l’endroit exact où l’arme était dissimulée et même mes horaires de sorties, preuve qu’on ne pouvait rien leur cacher. Terrifiée, je lui ai demandé ce qu’il fallait faire. Le visage fermé, il m’a dit que deux choix s’offraient désormais à nous : se taire et laisser mon mari aller au bout de ce qu’on lui impose, ou tenter de trouver une issue nous-mêmes, en sachant que le moindre soupçon de leur part signifierait la fin pour chacun de nous.