Une petite fille d’environ six ans a été aperçue seule dans la rue, vêtue d’une robe blanche comme pour une fête. Les passants, inquiets, se sont arrêtés, certains voulant lui offrir de l’eau, d’autres pensant appeler les services sociaux. Elle paraissait propre et soignée, pas du tout comme une enfant abandonnée. Mais elle restait silencieuse jusqu’à ce qu’elle murmure qu’elle avait entendu des voix qui lui disaient de partir. La police fut appelée et un jeune sergent arriva peu après. Il s’accroupit à côté d’elle et lui parla doucement pour ne pas l’effrayer. L’enfant répondit que les voix lui avaient dit de quitter la maison.
Le policier, surpris, demanda de quelles voix elle parlait. La fillette ajouta d’une voix tremblante qu’elle ne les avait pas vues mais qu’après un grand bruit, les voix lui avaient dit de fuir sinon elle mourrait, avant de demander ce que signifiait ce mot. Le policier sentit un frisson glacé parcourir son dos et demanda où elle vivait. Elle pointa le doigt vers une maison au bout de la rue, une maison tranquille, bien entretenue, aux rideaux tirés. Le sergent s’y rendit et entra, la porte étant entrouverte. Quelques pas plus loin, il découvrit dans le salon le corps d’une femme sans vie. L’enquête révéla plus tard que le père de l’enfant, emporté par une crise de colère, avait tué son épouse. En entendant le cri, la fillette s’était approchée de la porte sans oser entrer. C’est alors que la voix de son père, brisée par la panique, lui avait soufflé de fuir pour se sauver. Il voulait la protéger de l’horreur qu’il venait de commettre, sans savoir qu’elle ressentirait tout malgré tout. Elle s’était alors enfuie dans la rue, seule, en robe blanche, cherchant de l’aide parmi des inconnus. Grâce à ce geste, elle a survécu, échappant à celui qui aurait dû être son protecteur.
