Avant le mariage, la grand-mère de mon futur mari m’a tendu un petit flacon contenant un liquide vert et m’a dit d’une voix sérieuse de le boire avant la nuit de noces, affirmant que si je refusais, je ne connaîtrais jamais le bonheur. Sur le moment, j’ai cru à une plaisanterie, mais son regard m’a troublée, comme si elle voulait vraiment me prévenir de quelque chose. Le mariage s’est déroulé parfaitement, et j’avais presque oublié cette histoire jusqu’au soir. Dans notre chambre, sur la table de chevet, le flacon brillait faiblement à la lumière. Par curiosité, j’ai ouvert le bouchon et goûté une goutte. Le liquide était glacé, amer, métallique. Quelques instants plus tard, une étrange sensation m’a envahie : mon corps s’est figé, je sentais tout sans pouvoir bouger. Mon cœur battait, mes yeux voyaient, mais je ne pouvais ni parler ni crier, comme si une force invisible m’empêchait de respirer. Puis tout est devenu noir.
Le lendemain matin, en retrouvant la mobilité, j’ai couru voir la grand-mère et lui ai demandé ce que contenait cette potion. Elle m’a répondu calmement que, dans leur famille, il existait une vieille coutume : avant la première nuit, la mariée devait boire une préparation d’herbes qui plonge le corps dans un état de repos complet afin d’attirer la paix dans le couple. Ses mots m’ont glacé le sang. Ce que j’avais pris pour une bénédiction n’était qu’un rituel étrange, transmis de génération en génération. À cet instant, j’ai compris que cette famille vivait selon des traditions anciennes et mystérieuses, et que, désormais, j’en faisais partie.