Après avoir perdu son fils unique, Neil, dans un tragique accident, le monde d’Estella devint gris et silencieux. Neil avait été un brillant scientifique, toujours absorbé par son travail, sans jamais accorder de place à l’amour — du moins, c’est ce qu’elle croyait. Il n’avait laissé derrière lui ni épouse, ni enfant — seulement des souvenirs qui hantaient chaque souffle d’Estella. Pendant des années, elle vécut dans un deuil silencieux, sans jamais trouver la paix. Chaque matin, elle déposait une fleur devant sa photo, lui parlant encore comme s’il allait franchir la porte.

Un jour, dix ans plus tard, alors qu’elle faisait ses courses au marché, deux petits garçons lui tirèrent doucement la manche, quémandant à manger. En se penchant vers eux, ses yeux s’arrêtèrent net sur une marque de naissance, en forme de croissant, sur le cou de l’un d’eux — exactement la même que celle que Neil portait. Bouleversée, elle leur offrit un repas chaud, le cœur battant à tout rompre. Leurs yeux brillants et leur douceur lui rappelaient étrangement l’enfant qu’elle avait un jour bercé dans ses bras.