Je n’avais jamais eu l’intention de tomber amoureux.
L’amour, l’engagement, tout ça — c’étaient des idées que je gardais bien à l’abri, rangées sur une étagère, du genre à venir plus tard… une fois que j’aurais un peu plus vécu. Ou peut-être jamais.
Quand on grandit dans un monde où le pouvoir passe avant la passion, où les mariages relèvent plus de l’image que de l’émotion, on devient facilement cynique face à la romance.
Alors non, l’amour n’a jamais fait partie du plan.
Le plan, c’était quoi ?
La provocation.
Ou la rébellion, si tu veux mettre ça en jolis mots.
Je suis né dans une richesse qui lisse tous les angles de la vie. Du genre de famille qui ne possède pas seulement un abonnement au country club, mais le terrain sur lequel il est construit.
Maisons de vacances. Précepteurs privés. Voitures selon l’humeur.
C’était ma réalité.
Et j’étais l’héritier.

Fils unique d’un milliardaire autodidacte, destiné à reprendre les rênes de l’empire.
Sauf que j’avais un défaut fatal : j’aimais vivre.
Des soirées qui commençaient un jeudi et se terminaient deux villes plus loin. Des week-ends à Monaco, juste parce que l’envie me prenait.
Sans excuses. Sans regrets.
Ça rendait mes parents fous.
Mon père, un homme qui avait grimpé chaque échelon à la force des poings, ne comprenait pas ma légèreté.
Ma mère, élevée dans le culte de l’apparence, ne faisait aucun effort pour cacher sa déception.
Et pourtant, ils me toléraient.
Ils pensaient qu’un jour, je finirais par mûrir.
Devenir sérieux. Respectable.
Puis il y a eu ce dîner.
Celui qui a tout changé.